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Amarillo angelical, amarillo solar. Sol de desierto, ojos de astros y un universo en dos pupilas. Me posa y me lee un manga en francés, lectura dramatizada. Me lee Bolaño, las frases largas en Sonora, en la Condesa, en Barcelona. Inspirada en los dibujos de David Hockney y Picasso del Pompidou, esboza un retrato mío en colores de palo. Luego me dibuja en animé. Luego hablamos de su nariz, de cómo empieza al centro de los ojos muy levantada, casi en pico, casi como la de mi mamá pero cuando baja hacia la boca se hace bolita como la de mi papá. Y así de repente, con el pincel en el charco de luz entre las cejas, siento raro que venimos de donde mismo, de dos personas y sus capacidades y formas repartidas en modo distinto en cada una. Dos experimentos independientes y ligados, tejidas en estambre de oro blanco. Era lógico pintarla y la pinté como la vi crecer, como vi sus huesos acomodarse en piel amarilla y pelo carmesí.

 

Jaune angélique, jaune solaire. Soleil du désert, yeux d’astres. Elle me lit un manga en français, en incarnant chacun des personnages. Elle me lit Bolaño, les longues phrases à Sonora, à la Condesa, à Barcelone. Inspirée des dessins de David Hockney et de Picasso, elle esquisse mon portrait avec des crayons de couleur. Elle me dessine ensuite en animé. On parle après de son nez, très affilé d’abord presque comme un bec, comme celui de ma mère, mais qui finit en petite boule comme celui de mon père. Tout d’un coup, en peignant la flaque de lumière entre ses sourcils, je sens bizarrement que nous venons toutes deux des mêmes deux personnes et de leurs capacités et de leurs formes réparties de façon différente en chacune de nous. Deux spécimens indépendants et liés, tissés de brins d’or blanc. C’était logique de la peindre comme je l’ai vu grandir, comme j’ai vu ses os s’adapter à sa peau jaune et ses cheveux cramoisi.