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Aceptó modelar en la fashion week a los 69 años en un swinger’s spa: sauna, jacuzzi, cuartitos para coger, columpios y utensilios eróticos. Me ve llegar al show con muletas, me quita la férula y me toca y me siente el pie y la pierna entera bajo un mural de una orgía y una pantalla donde pasan porno. Escucha el cuerpo con las manos, es su trabajo, sabe de significados y energías. Hace un movimiento de perfil y aparecen los rasgos asiáticos de su abuela de Vietnam y cuando cruza las piernas y habla en su voz baja, en su propio ritmo, se asoma el lado parisino. Una vez en su casa, entre muchas plantas y un gato, me dijo que ella, después de haber estado con muchos hombres en su vida me podía decir que tras un buen hombre están todos los hombres, porque siempre es un detalle el que no funciona y cambias y te instalas con otro y va a salir un nuevo problema. Ella así lo vivió: de un divorcio a los veinte con un aficionado de carros a un actor, a un fotógrafo, a un periodista, a un amorío en una gira de Johnny Hallyday, a un campeón de artes marciales en Burkina Faso donde cuidaban elefantes, a pasar las vacaciones de este año en el sur de Francia con su ex, su actual, sus dos hijos y más amigos. Era en esa casona de piedra del sur, en una de las dos cocinas a las tres de la mañana, donde el pétard de marihuana le llegaba a sus labios gruesos —heredados de un abuelo negro de las Antillas, hijo de esclavos— y donde valsábamos todos con un vaso de vino en la mano y el vino se le subía a sus ojos grandes bautizados con un lunar en el centro. Era en esa misma cocina donde me posó sin blusa bailando David Bowie, como bailaba su mamá, primera artista no-blanca en los cabarets de París, o como bailaba ella en su época de modelo y actriz en el París de la revolución sexual o como baila ahora en un swinger’s spa a los 69.

 

Elle accepta d’être mannequin pour la fashion week à ses 69 ans dans un club échangiste : sauna, jacuzzi, petites chambres pour niquer, balançoire et accessoires érotiques. Elle me voit arriver au show avec des béquilles, m’enlève mon attèle, me touche le pied et la la jambe sous une fresque murale indienne d’une orgie et un écran porno. Elle écoute le corps avec les mains, c’est son métier, elle connaît les énergies. Elle pivote son visage de profil et apparaissent les traits asiatiques de sa grand-mère vietnamienne. Quand elle croise les jambes et parle à voix basse, apparaît son côté parisien. Une fois, chez elle, entre beaucoup de plantes et un chat, elle me dit qu’après avoir été avec plusieurs hommes dans sa vie, elle pouvait affirmer que derrière un homme on trouve tous les hommes : c’est toujours un détail qui ne marche pas et tu changes, tu t’installes avec un autre et il y aura toujours un nouveau problème. Elle le vécut comme ça : d’un divorce à 20 ans avec un passionné de voitures elle choisi ensuite un comédien, puis un photographe, un journaliste, un amant dans une tournée de Johnny Hallyday, pour ensuite rencontrer un champion d’arts martiaux et partir au Burkina Faso élever des éléphants, pour finalement passer les vacances de cette année dans le sud de la France avec son ex, son actuel, ses deux enfants et des amis. C’était dans cette maison en pierre, à trois heures du matin, dans une des deux cuisines. Nous dansions tous un verre à la main. Elle, le vin lui montait à la tête, aux yeux personnifiés par un grain de beauté au milieu. Elle fumait un pétard du bout de ses lèvres pulpeuses, héritées d’un grand-père noir des Antilles, fils d’esclaves-. C’est dans cette même cuisine qu’elle posa pour moi sans tee-shirt en dansant sur David Bowie, comme dansait sa mère, première chanteuse métisse des cabarets de Paris, ou comme elle dansait dans son époque de mannequin et de comédienne dans le Paris de la révolution sexuelle ou comme elle danse maintenant dans un club échangiste à ses 69 ans.