_MG_1435

Es raro verla de negro, parte de ella son sus vestidos frutales que esparcen el olor de su casa o es su casa la que tiene su olor a sol, a flores naranjas y a madera. En mi departamento se topa con el retrato pintado de su papá, hace un sonido hueco desde el fondo de la garganta, se ríe, lo saluda y le habla en español sobre mí como la prima mexicana, como el México de sus ancestros que buscaban o que encontraron. Le habla entre más risas y con la voz aguda y medio cantada que hace para decir algo entre verdad y broma. El español lo aprendió en la calle, un año en el que vagó por La Habana bajo su radar de periodista y tras la coreografía oleada de su novio, un bailarín cubano. Cautivar el Caribe en sus ojos y respirar de plantas tropicales es para ella el espejo de su nombre, Laetitia, alegría. Pero es el bosque, la fôret, su escondite favorito: árboles gruesos, raíces angulosas, verdes rodeando la cascada amarilla de su pelo. Su departamento es sufôret con vegetación variada, jirafas de madera, bestias en piedra mitad perro-mitad león, elefantes en ajedrez o catarinas cabeceando al ulular de los pájaros desde una grabadora. Al centro de todo, la estatua de su abuelo Ramon la tiene con lentes oscuros, una corona de papel y unas lucecitas de Navidad como collar. Ese abuelo era el mexicano, el que nos une desde una raíz lejana o desde un pasadizo entre dos mundos. Hace catorce años, Laetitia fue a México a buscarnos, a los Fernandez mexicanos. Hace dos volvió, después de que yo visitara a su papá en París con el árbol genealógico. Fuimos juntas a la tumba del tatarabuelo y a visitar a la tía monja benedictina, quien para Laetitia era una mina de plata de respuestas para su curiosidad infinita. Cuando escucha, abre todavía más sus ojos -ya demasiado grandes- y absorbe las palabras escritas en el aire hasta existir en el relato y sentirlo en toda su dimensión. Ineludible, es la voz del bosque en donde ella nada en un oasis de paz, en sus cascadas de sol mexicanas, francesas, en un oleaje de horizontes entrelazados.

 

Il est rare de la voir habillée en noir, ses robes fruitées font partie d’elle, répandant le parfum de sa maison ou bien c’est sa maison qui a son parfum de fleurs oranges et de bois. Dans mon appartement elle tombe sur le portrait de son père, elle pousse un grognement, un son creux, rigole, dit bonjour et lui parle du voyage qu’on va faire tous les trois au Mexique des ancêtres qu’ils cherchaient ou qu’ils ont trouvé. Elle lui parle tout en riant et avec une voix aigue faite normalement pour dire quelque chose entre vérité et plaisanterie. Elle a appris l’espagnol dans les rues de La Havane, un an où elle a traîné sous son radar de journaliste et derrière la chorégraphie de son ami, un danseur cubain. Captiver les Caraïbes dans ses yeux et respirer des plantes tropicales est pour elle le miroir de son prénom, Laetitia, joie. Mais c’est la forêt sa cachette préférée : arbres massifs, racines anguleuses, des verts entourant les cascades jaunes de ses cheveux. Son appartement est sa forêt à elle, toutes sortes de plantes, girafes en bois, bêtes en pierre moitié chien moitié lion, éléphants en pièces d’échecs et coccinelles qui dodelinent de la tête et l’ululement des oiseaux enregistré sur un disque. Au centre de tout, elle a agrémenté le buste de son grand-père Ramon avec des lunettes de soleil, une couronne de papier et des guirlandes lumineuses autour du cou. Ce grand-père était le mexicain, celui qui nous unifie depuis une racine lointaine ou un passage entre deux mondes. Il y a quatorze ans, Laetitia est allée au Mexique pour nous chercher, les Fernandez mexicains. Il y a deux ans elle est revenue, après ma visite à son père avec l’arbre généalogique. Nous sommes allées ensemble sur la tombe de l’arrière-arrière grand-père et nous avons rendu visite à la tante bénédictine, pour Laetitia, une mine de réponses à sa curiosité infinie. Quand Laetitia écoute, elle ouvre encore plus les yeux –déjà très grands- et absorbe tout ce qui se dégage de la personne qui lui parle jusqu’à ressentir chaque émotion et même chaque souffrance. C’est dans la forêt qu’elle nage dans une oasis de paix, dans ses cascades de soleil mexicaines, françaises, horizons entrelacés.