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Cuando lo conocí, bailaba mucho con las manos y sus tres uñas pintadas de negro. La cara la inclinaba ligeramente hacia abajo, como para verte bajo la sombra de las cejas y la mirada oscura contrastaba con la banda blanca de tenista que traía en la frente. Esa misma mirada emergió en las horas que me posó, cuando declamó Rimbaud y les gritó a Les Assis, a los que no mueven sus miembros, a los ojerosos, a los que naufragan cuando se levantan de una silla. A veces lo perdía, a Ambroise, en un saxofón de Schepp o en un piano de Schubert. Un domingo, después de unas copas en micro-mesas de terraza parisina, hablamos de l’envie de l’ailleurs, el deseo casi permanente del humano de querer estar en un lugar lejano, en otro suelo, en otro aire. Más tarde, sentado en el sillón rojo de mi piso, cuando lo veía inmerso en lo que salía de la bocina, sus ojos seguían lejos, cubiertos de nubes.

 

Quand je l’ai rencontré, il dansait beaucoup avec les mains et ses trois ongles au vernis noir. Il inclinait légèrement la tête, pour te voir sous l’ombre de ses sourcils et son regard obscur contrastait avec le bandeau blanc de tennis qu’il portait. Ce même regard a émergé pendant qu’il posait pour moi, quand il s’est mis à déclamer du Rimbaud et a hurlé aux « Assis », « genoux aux dents », « yeux cerclés de bagues », « doigts boulus crispés à leurs fémurs ». Parfois il n’était plus là, Ambroise, perdu dans un saxophone de Shepp o dans un piano de Schubert. Un dimanche, après un verre autour d’une micro table parisienne, on a parlé de l’envie de l’ailleurs, du désir presque permanent de l’être humain de vouloir être dans un endroit lointain, sur un autre sol, sous un autre air. Plus tard, quand je le voyais absorbé par la musique, assis sur le fauteuil rouge de mon appartement, ses yeux étaient toujours lointains, couverts de nuages.