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“Un día me desperté y vi negro”. Está de contraluz y su pelo tan blanco, tan rubio, se alza como una aureola. “Antes, leía un libro por día”. Ya habíamos terminado el retrato y la cena y el vino, sabor madera o nostalgia acuosa, seguía el goteo de la conversación. Nos rodean cuadros de China, de Japón, un estante con copias de sus treinta libros publicados y una iglesia frente a las cortinas cerradas, como en su casa de Chartres, donde tiene vista a la catedral gótica, la femme en pierre. La luz es tenue porque la enfermedad en los ojos no le permite enfrentarse ni a destellos ni a caracteres pequeños como las letras que la esculpieron. Habla de literatura, de Proust, de los autores que la alimentaban diario y de los libros que todavía quiere escribir: una pasión no se borra por un impedimento físico. Tampoco borra el humor y su risa ronca, coqueta. Habla y la que es protagonista es su boca grande, casi siempre pintada de rojo bajo ojos maquillados, marco de su mirada hambrienta y muy azul. Yo no soy la primera en retratarla; un pintor ruso, por ejemplo, la había capturado en tela cuando vivía en Pekín a los 18 años. Pero ese retrato se quedó en Italia, donde vivió diez años casada con un príncipe. Fue después que se casó con mi tío y después de mi tío con un poeta veinte años menor que ella. “Al final, lo importante en una pareja es que ambos sean independientes y libres”. Y también, volviendo al tema de la enfermedad, me admite que después de pasar por un momento difícil de aceptación, aprendió que lo más importante en la vida es la vida misma y los amigos, y cuando dice amigos incluye a sus hijos. Principessa, escritora, madre, amiga, Diane es la belleza de una femme en pierre y noventa años de una sonrisa que lanza destellos en una sala entera tras cortinas cerradas.

 

« Un jour je me suis réveillée et j’ai vu noir ». Je la regarde en contre-jour et ses cheveux, si blancs, si blonds, lui font une auréole. « Avant, je lisais un livre par jour ». Nous sommes entourées par des tableaux chinois, japonais, une étagère remplies de ses trente livres publiés. Il y a une église en face des rideaux fermés, comme chez elle à Chartres, où elle a une vue sur la cathédrale, « la femme en pierre ». La lumière est atténuée parce que ses yeux ne supportent pas une clarté trop forte. Elle ne peut pas non plus déchiffrer les petits caractères et ces mots qui l’ont sculptée. Elle parle de littérature, de Proust, des auteurs qui l’ont nourrie et des livres qu’elle a le projet d’écrire : une infirmité n’efface pas une passion. Elle n’efface pas non plus son humour ou son rire rauque. Je ne suis pas la première en faire son portrait. Par exemple, un artiste peintre russe, l’avait capturée sur une toile quand elle avait 18 ans et vivait à Pékin. Mais ce portrait est resté en Italie, où elle a vécu dix ans où elle a vécu dix ans mariée à un prince. C’est après qu’elle s’est mise en couple avec mon oncle et après lui avec un poète beaucoup plus jeune qu’elle. « Au final, ce qui est important dans un couple ce que tous les deux soient indépendants et libres ». Quand les conversations prennent l’élan, les sujets s’entrelacent. Elle m’avoue qu’après avoir passé un moment difficile d’acceptation pour la maladie, elle a appris que le plus important dans la vie c’est la vie même et les amis, dans lequel elle inclut ses enfants. Principessa, écrivain, mère, amie, Diane a la beauté d’une « femme en pierre » et les 90 ans d’un sourire qui éclaire un salon avec des rideaux fermés.