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Se rio cuando le hablé por teléfono presentándome como la sobrina lejanísima mexicana y se siguió riendo dos días después en su casa, donde llevé el árbol genealógico y un tesoro de chismes de nuestros ancestros. Peinado blanco hacia atrás, mirada azul bajo una cortina delgada acuosa o de vidrio, observa con calma su objeto de interés sea una persona, una escultura o una iglesia barroca en Sicilia. Fuimos juntos con su hija, Laetitia, un año y medio después de ese primer encuentro; yo ya vivía en París y la relación había continuado en investigaciones familiares, cenas, cumpleaños y un evento académico de traje y espada. Viajamos a un “bout du monde”, al punto más al sur de la isla, a ver una casa donde escribió tantos veranos entre dos mares. En los paseos con gelato o granita, descubrimos un Tarzán siciliano que se tomaba selfies con la cabeza adentro del agua y el celular detenido por afuera con ambas manos, comimos pasta alla crema di pistacchi con vista al Mediterráneo que él describe “épaisse comme du vin”. Era en las tardes cuando salíamos, porque sus mañanas son consagradas a escribir, esté donde esté. Para irnos a la playa se ponía la gorra roja, las chanclas que les compró a las chinas de Portopalo a cuatro euros, la camiseta azul, y en una bolsa de plástico de Grasset o de Copytop llevaba una toalla y un libro. Nadaba media hora con una ligereza improbable a los 87 años y luego se tiraba a leer, porque las tardes son para leer. Fue una tarde cuando lo pinté y leía un libro sobre la Historia de la Toscana, él siempre en esa relación tan cercana con Italia, más que nada Italia del Sur y sus secuelas de una conquista española, de una cultura más fastuosa, un poquito más desordenada, más sol, más sur, más México: “la patrie sans formes, la patrie du père”.

Il a rigolé quand je l’ai appelé la première fois, en me présentant comme la nièce mexicaine au quatrième degré. Il a continué à rigoler deux jours après, chez lui, quand je lui ai apporté l’arbre généalogique et des trésors de commérages sur nos ancêtres.  Coiffure blanche en arrière, regard bleu embué, il observe tout avec calme que ce soit une personne, une sculpture, une église baroque en Sicile. Nous y sommes allés ensemble un an après cette première rencontre, moi j’étais déjà installée à Paris et la relation avait continué avec des recherches familiales, anniversaires, et quelque évènement de costume et épée. Le voyage à ce « bout du monde » était avec sa fille, Laetitia, pour voir sa maison où il a écrit tellement d’étés entre deux mers. Lors de nos promenades, nous avons découvert un Tarzan sicilien qui se prenait des selfies avec la tête sous l’eau et le portable en l’air, nous avons mangé la pasta alla crema di pistacchi et nous nous sommes baignés dans cette Méditerranée qu’il décrit « épaisse comme du vin ». C’étaient les après-midis que nous sortions car les matinées sont officiellement consacrées à l’écriture, où qu’il soit. Pour aller à la plage, il mettait sa casquette rouge, son polo bleu, les tongs qu’il a achetées aux chinoises de Porto Palo à quatre euro, et dans un sac en plastique Grasset ou Copytop, il mettait une serviette et un livre. Il nageait une demi-heure avec une légèreté improbable à 87 ans et après, il s’allongeait pour lire, car les après-midis sont pour lire. C’est dans un de ces moments là que je l’ai peint pendant qu’il lisait un livre sur l’Histoire de la Toscane, lui toujours dans cette relation si proche à l’Italie, surtout l’Italie du Sud et ses séquelles de la conquête espagnole, d’une culture plus somptueuse, un peu plus désordonnée, avec plus du soleil, plus de Mexique, plus de cette « patrie sans formes, la patrie du père ».