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Siempre es François quien abre la puerta sobre un tapete de lechuzas y un marco de libros y libros y sus discos de música clásica (mitad bautizados de Wagner) para luego dejarte pasar a una sala y a un jardín donde Irène lee descalza en una mecedora rodeada del perfume de los orangers du Mexique. Los noventa años que se delatan al caminar no le tragan las risas, las muecas o las ganas de leer y de escribir artículos sobre qué es la tentación o sobre las secuelas de la fantasía. Nos sentamos los tres en la sala alrededor de té de Navidad, café, chocolates. Travail, famille, patrie: fue Vichy quien instauró el día de las madres en Francia, lo cuenta Irène como cualquiera de los datos curiosos que lanza casual de cada tema o época que brota en la conversación. Irène como un libro abierto o como un pozo de palabras. François festeja a su madre con un aplauso, un solo clap, y le pregunta sobre el dibujo de lechuza que le hizo hace años por este día. Irène, aparte de recordarle que ese dibujo lo tiene pegado en su cuarto, le hace una señal con las manos de que es hora de cortarse las uñas. Risita de los tres. François, entre sus pelos parados en forma de vela de barco y su barba ondulada, chispeada de canas, me dice su cita favorita: Thereis no frigatelike a book to takeuslandsaway. ¿Dickens? (pregunto porque sé que es su favorito). Non, c’estDickinson. Responde, cruza las piernas, apoya la cabeza en la mano y mueve la mirada hacia el jardín para verlo sin ver. Irène posa sus ojos hacia abajo, hacia la nada y se prolonga un silencio, de esos acostumbrados a vagar por una casa invadida de libros y plantas. Yo, enfrente de ambos, vi cómo cada uno torcía en realidad la mirada hacia adentro, hacia bibliotecas tapizadas en piel humana.

 

C’est toujours François qui ouvre la porte sur un paillasson de chouettes et un cadre de livres et de disques de musique classique, dans un salon et une terrasse où Irène lit pieds nus dans un rocking-chair entourée du parfum des orangers du Mexique. Les 90 ans qui se dénoncent à sa façon de marcher n’enlèvent pas les rires, les grimaces ou l’envie de lire et d’écrire des articles sur la tentation ou sur l’importance de la fantasy. Nous nous asseyons autour de thé de Noël, café, chocolats. Travail, famille, patrie : c’est Vichy qui a instauré la fête des mères en France. C’est Irène qui le raconte, un autre des détails intéressants qu’elle lance sur chaque sujet ou époque qui émerge dans la conversation. François fête avec un applaudissement, un seul clap, et lui parle du dessin de chouette qu’il lui a fait dans son enfance. Irène, en plus de lui rappeler que ce dessin est au mur de sa chambre, lui fait un signe avec les mains pour lui dire que c’est le moment de se couper les ongles. Petit rire de tous les trois. François, cheveux en forme de voile de bateau et barbe ondulée, me dit sa citation préférée : « There is no frigate like a book to take us lands away ». Dickens ? (Je demande parce que je sais que c’est son auteur préféré). Non, c’est Dickinson. Il répond, croise les jambes, appuie la tête sur la main et regarde la terrasse sans la voir. Irène baisse les yeux, ne regarde rien. Il y a un silence qui se prolonge, de ces silences qui vaguent dans une maison envahie de livres et de plantes. Moi, en face de tous les deux, je les vois virer le regard à l’intérieur, bibliothèques incarnées.